Qu’est-ce que l’IA citoyenne ? Interview de Jean-Christophe Gilbert

Comme de plus en plus de citoyens qui s’interrogent sur les enjeux de l’IA, Jean-Christophe Gilbert souhaite être un acteur de cette transformation et non un consommateur passif.

Il a lancé IANature.com dans lequel il défend l’idée d’une IA citoyenne.

Une IA dont le contrôle est « public, libre, local et autonome ».

Voici une courte interview dans laquelle il explique sa démarche.

Tout d’abord, pourriez-vous vous présenter et nous expliquer ce qui vous a amené à créer IANature.com ?

J-C : Je suis Jean-Christophe Gilbert, j’ai 63 ans, je suis marié depuis 42 ans, j’ai deux enfants, je suis né et j’habite à Niort dans les Deux-Sèvres.

Ce qui m’a amené à lancer l’idée d’une IA citoyenne ? Le fait d’être un jeune grand-père, je pense. Mon petit-fils (Tom, deux ans) me pousse à essayer de faire en sorte que demain, pour ne pas dire après-demain, soit moins « pourri » qu’aujourd’hui.

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Vous comparez l’intelligence artificielle à des infrastructures essentielles comme l’électricité ou l’école. Quelles fonctions de l’IA devraient, selon vous, relever d’un service d’intérêt général plutôt que d’entreprises privées, et pourquoi ?

J-C : Avant toute chose, je précise que je suis chef d’entreprise, je l’ai toujours été et je n’ai rien contre les entreprises privées.

Ceci étant dit, la connaissance, le savoir, les informations doivent pour partie rester dans la sphère publique, gratuite, comme l’air que l’on respire.

Vous affirmez que la véritable gouvernance d’une IA consiste surtout à décider des sources sur lesquelles elle s’appuie. Comment éviter que cette sélection reproduise les biais des personnes participant au comité éditorial ?

J-C : Excellente question !

Tout reste à inventer en la matière. C’est un exercice délicat. Très délicat, même. Je ne crois qu’en une seule chose : l’expérimentation concrète.

Votre projet défend une IA d’intérêt général, locale, transparente et gouvernée collectivement. Malgré son ancrage français et européen, le choix de Mistral AI peut susciter certaines réserves : c’est une entreprise privée, financée en partie par les Américains et dont les modèles IA ne sont pas totalement transparents

J-C : C’est faute de mieux. Heureusement que Mistral est là. Sinon, la partie était d’ores et déjà perdue.

Qu’est-ce qui vous a amené à faire ce choix ? Avez-vous songé à des alternatives ?

J-C : Je n’en vois aucune autre à l’heure actuelle. Si vous avez des tuyaux, je suis preneur 🙂

Vous avez lancé un agent IA pilote à Niort. Vous le proposez gratuitement pour la collectivité pendant les six premiers mois. Quel modèle économique permettrait ensuite de déployer cette IA citoyenne sans recréer une quelconque dépendance ?

J-C : Je précise que le dossier est sur le bureau des services concernés mais qu’à ce jour, je n’ai aucune nouvelle.

Pour le reste, c’est un service public comme un autre, financé par la collectivité, comme le ramassage scolaire ou l’entretien des espaces verts.

Vous souhaitez aussi partager votre initiative sur l’IA basée sur des valeurs d’éthique et de responsabilité ? N’hésitez pas à nous contacter.

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